La compagnie du vent hurleur

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 Contes des Mausolées

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Kant

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Poissons Chèvre
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MessageSujet: Contes des Mausolées   Lun 23 Aoû - 22:46

[NDA] Ce texte étant en passe d'être publié, si tous ceux qui prennent la peine de le lire pouvaient le critique pour m'aider à brosser les derniers détails, je leur en serai gargantuesquement reconnaissant. [/NDA]



Par Yuri R.M. Didion,
21, rue Alphonse Libert,
4520 – Wanze
yurididion@gmail.com
Taille : 18517 caractères
Contes des Mausolées.
I. Le croquemitaine

-Attention, si lorsque le croquemitaine passe tu ne dors pas, il t’emportera avec lui dans le monde de la nuit pour toujours.

Nombreux sont les parents qui lancent cette phrase pour effrayer les enfants récalcitrants. Mais savent-ils seulement qui est le croquemitaine ? J’en doute sérieusement. On m’a raconté il y a déjà longtemps que lui aussi avait été enfant… Il s’appelait alors Asdark Asnight…

-Asdark ! Voulez vous bien cesser de dormir sur vos notes. Mon cours vous ennuie-t-il à ce point ?
-Hein ? Non, M’sieur. C’est juste que je n’ai pas dormi cette nuit. Enfin, pas beaucoup.
-Et que faisiez vous donc ? A quoi passez vous vos nuits que je vous retrouve sans cesse à somnoler ou à dormir ? Non, ne répondez pas, ce n’est qu’une question de pure forme. Je ne veux pas le savoir.
Il soupira, laissant tomber ses épaules de quelques centimètres.
-Asdark, reprit le vieux professeur radouci, savez-vous que la nuit est le repaire du démon? Vous ne devriez pas l’explorer, cela peut-être dangereux.
Asdark se redressa, et repris l’allure légèrement arrogante que tout le monde lui connaissait, teintée souvent de cette nonchalance qui le rendait si séduisant.
-Monsieur, je ne crains ni le démon ni la nuit.
Le professeur soupira à nouveau.

Il était pressé de toute part. Ses camarades étaient impressionnés pas l’assurance avec laquelle il avait répondu au maître. Directement après la sortie de la classe, il s’était retrouvé entouré de son petit groupe d’amis, qui fut rapidement suivi d’un premier admirateur, puis d’un autre. Mais les « admirateurs » n’étaient pas les seuls à le suivre.
-Alors comme ça, tu joues au fort, Asnight?
La voix lente et méprisante de Noctem Aternae couvrit celle des autres.
-Ne crains-tu pas réellement le démon des nuits?
-Non, je n’en ai pas peur.
-Mmph, pouffa Noctem, dédaigneux.
Piqué au vif, Asdark réagit immédiatement
-Et je suis prêt à le prouver.
Tous les regards se retournèrent sur lui, ébahis. Déjà, quelques murmures lui enjoignaient de ne pas faire ça, de ne pas pousser trop loin.
Mais Noctem n’en faisait pas partie. Il leva le menton, plus hautain que jamais.
-Très bien. Alors je te mets au défi d’entrer dans le manoir du vieux Pürgis, et d’y passer la nuit.
Le manoir du vieux Walter Pürgis était une ancienne maison de maître de la région, une grande bâtisse en pierres de taille, construite sur la Colline aux Pendus. On racontait partout qu’elle était hantée, et que d’étranges choses y habitaient. C’était, pour tout ceux du village, la maison du Démon des nuits. Comme bien souvent, les plus jeunes remettaient en cause ces légendes, par esprit de rébellion, mais aucun d’eux n’avaient jamais poussé l’audace jusqu’à y passer la nuit.
Sans marquer un seul instant d’hésitation, Asdark répliqua :
-Je suis. Et pour que personne ne mette mon exploit en doute, tu m’y enfermeras toi-même à la nuit tombée, et ne viendras m’ouvrir qu’aux aurores le lendemain.
Noctem pâlit un peu, pinça les lèvres, puis tendit la main droite bien devant lui.
-Entendu, dit-il.
Avec défi, Asdark serra la main tendue, en essayant de casser les doigts de l’autre.
Noctem tourna les talons et repartit, suivi aussitôt par ses quelques satellites, qui l’idolâtraient et le craignaient.

-Non Asdark, je t’en prie, ne fais pas ça!
Jacquot Länn-Tehrn le suivait et tentait de le dissuader depuis près d’un quart d’heure.
-Hey, Jacquot, calme toi. Que veux-tu qu’il m’arrive. Ce n’est qu’une vieille bâtisse vide.
Intérieurement, Asdark n'en croyait pas un mot, mais il voulait se persuader qu'il n'avait pas peur. Il devait s'en convaincre, sans quoi il ne serait pas au rendez-vous, et Noctem le ridiculiserait à vie.
-Tu plaisantes?! Tu sais ce qu'on raconte! Il y a le démon, là-bas, et puis, tu ne sais pas voir à deux pas tellement il y fait noir. Moi, j'aurais la frousse à ta place. Je crois que j'en perdrais la tête.
Les deux garçons se lancèrent un regard, et Asdark déglutit péniblement.

Dong.

Dong. Dong. Dong.

Dong. Dong. Dong.

Dong.

Huit heures. La nuit tombait, et Asdark grimpait la colline qui l'amenait vers son destin. Dans la pénombre, il lui sembla que les citrouilles étaient des têtes humaines. Lorsqu'il arriva au manoir, Noctem y était déjà.
-J'ai cru que tu ne viendrais pas. Nous verrons si tu es aussi courageux que tu le dis. Je reviendrai demain matin t'ouvrir.
La clef était sur la porte, Noctem la tourna et Asdark entra. Il entendit la clef tourner dans la serrure puis en sortir, et les pas de l'autre s'éloigner assez vite. Dans l'obscurité régnante, Asdark n'était pas rassuré. Mais se forçant à reprendre maîtrise de lui-même, il maintint ses genoux droits et avança. Le salon était la seule pièce dont les fenêtres n'étaient pas obstruées, et donc la seule pièce où la lune entrait.
Il se coucha sur le fauteuil mité pour passer sa nuit. Un ressort lui perçait le dos, et l'accoudoir qui lui servait d'oreiller était dur comme du carton. Au bout d'une heure de recherche d'un sommeil ne venant pas, il décida d'aller visiter le manoir, trop silencieux à son gout. Il ouvrit, avec le mince espoir d'y trouver une chandelle et des allumettes, le tiroir d'un meuble brisé. Hélas, ce dernier était vide. Mais au moment même où il se battait avec le bois, pour refermer le meuble, un bruit léger, comme un petit craquement, résonna à l'étage. Il y aurait eu des bruits fréquents dans cette maison, Asdark n'aurait pas pu l'entendre. Mais les seuls bruits étant émis par lui-même, le jeune garçon ne put s'empêcher de sursauter. Il fit silence, et tendit l'oreille. De nouveau, quelques petits craquements au plafond, qui se déplaçaient, suivis d'une sorte de longs sifflements.
Le jeune garçon sentit son échine dorsale se hérisser. Peut-être que Jacquot avait raison, et qu'il aurait dû mettre son orgueil dans sa poche avant d'accepter ce défi stupide. Il se mit à réfléchir à toute allure. Si c'était l'esprit du vieux Pürgis, il ne tarderait pas à le trouver. Si c'était quelque chose d'inoffensif, il n'avait rien à craindre. Si c'était...autre chose...eh bien... Asdark décida de s'en remettre à la chance. Il n'avait quand même pas grand chose à perdre : si c'était dangereux, cela finirait par l'atteindre, étant donné qu'il se trouvait dans la pièce centrale du vieux manoir.

Il se leva sur la pointe des pieds. Le fauteuil couina, puis ce fut le plancher qui émit un craquement lugubre. Déglutissant avec peine, le jeune homme se mit en marche, lentement et discrètement. Il arriva aux escaliers tortueux et raides. Il crut voir un serpent, le long duquel il allait grimper et finir par se faire happer dans sa gueule sombre. Il prit son courage à une main et escalada en s'appuyant sur la rambarde à l'aide de la deuxième.
En arrivant sur le palier du premier, il tendit l'oreille. Le bruit s'était tu. Il inspira profondément, et avant qu'il ne puisse expirer, il entendit un grattement au plafond, suivi d'un grognement rauque et d'une respiration sifflante. La chose remuait légèrement, sans qu'il soit possible pour l'oreille humaine de déterminer ce qui se passait. Puis des petits tap-tap se rapprochèrent.
-Inconscient, se dit instinctivement le noctambule.
Il eut la vision d'un rat se baladant au second, attrapé en sursaut par un animal que son imagination rendait plus que monstrueux. Il se forçait à reprendre son calme lorsqu'il entendit un bruit de course, puis un glapissement aigu. Sa conscience s'effaça, et il grimpa la deuxième volée de vingt deux marches quatre à quatre. Il y avait des bruits de lutte, des grognements sourds et plus aigus. Lorsqu'il lâcha la rambarde, Asdark se retint de se jeter dans la pièce pour aider la proie. Son intellect revint le prévenir du danger, et une sueur froide se mit à couvrir son corps. Il prit une grande goulée de cet air poussiéreux emplissant la maison, s'arma d'une tringle de rideau qu'il détacha sans problème du mur pourri, et entra. Un chien, de la taille d'un bouvier bernois, gisait dans une mare de sang. Sa queue n'était pas là. Un genre de loup, croisé avec une hyène, à moitié dressé sur ses pattes arrières était penché sur la gorge de sa victime. Les vertèbres craquèrent lorsqu'il serra un peu ses puissantes mâchoires. Tout à son festin, il n'avait pas remarqué l'intrus.
D'un coup d'œil, le jeune homme jaugea la situation. Le loup avait un peu plus que sa taille, des crocs aussi grand que sa main et des griffes à peu près pareilles. Il n'avait aucune chance de s'en tirer. Il fit un pas en arrière, pour sortir de la salle. Un planche du parquet grinça, et le monstre redressa la tête. Le bouvier, dans sa gueule, ressemblait à une poupée de chiffon désarticulée. Asdark regretta d'avoir croisé le regard de la bête. Les yeux verts sans pupille, indiquant que l'animal était aveugle, dont le blanc était injecté de sang, le firent trembler de tout son corps. Le museau tendu, le loup renifla. Il lâcha sa première proie, qui tomba sur le sol comme une loque, se ramassa, prêt à bondir.
Le spectateur, complètement paralysé par la peur, ne bougeait pas. Il gardait les yeux fixé sur son prédateur. Il vit clairement les muscles saillants des cuisses se tendre, les chevilles fléchir un peu plus. Puis il vit la bête sauter.
Par réflexe, il tendit la perche qu'il tenait, et l'envoya de toute sa force dans la mâchoire du monstre. Il entendit un craquement sinistre, et l'animal jappa de douleur, puis se remit à grogner. Son adversaire pensa un instant prendre ses jambes à son cou, mais le prédateur fit un bond, et se mit entre lui et la porte. Il avança à pas lourds vers sa proie, l'acculant à la fenêtre. Asdark essaya de lui renvoyer un coup de tringle, mais le fauve l'évita et lui mordit le poignet. La douleur lui transperça le corps tout entier, le brûlant comme un tison ardent. Il s'effondra sur le sol, hurlant de tout son être. Il vit la créature se ramasser, prête à porter le coup fatal, il entendit un bruit précipité dans l'escalier tandis qu'il essayait, de son bras valide de tenir son ennemi à distance. Mais l'animal lui envoya un coup de griffe en plein visage, et il sombra dans les limbes de l'inconscient.

Lorsqu'il se réveilla, il était couché sur du velours rouge. Il voyait un plafond voûté, mais son oeil gauche avait un filtre rougeâtre. D'ailleurs, tout ce côté de son visage était douloureux. Il se redressa. Il était en fait dans un cercueil de bois noir, dressé sur des tréteaux au milieu d'une cave sombre. Il frissonna.
-Évite de trop bouger, tu risquerais de faire tomber le cercueil, lui dit une voix dans son dos.
Il essaya de se retourner, mais son bras était trop douloureux pour lui permettre un mouvement de ce genre.
-Qui êtes vous? demanda-t-il à l'inconnu. Que se passe-t-il ici? Que s'est-il passé en haut?
-Je suis Herr Walter Pürgis, maître céans, et il s'est passé que mon cher Antrâsq t'a pris pour une proie.
Asdark eut un genre de vision. Il revit la bête, et un appétit violent se déchaina en lui. Il tenta de sauter du cercueil.
-Sale monstre, je vais l'éventrer! Où est-il?
Le cercueil glissa, et alla exploser sur le sol, transperçant le jeune homme de dizaine d'échardes de bois.
-Je t'avais pourtant prévenu, petit empoté, s'écria Herr Pürgis en avançant dans la lumière.
Il portait un complet trois pièces bordeaux complètement défraîchi, et des souliers à boucles vernis. Ses cheveux étaient plaqué sur sa tête, vers le bas, comme s'il avait cherché à s'en faire un casque. Sa peau semblait translucide dans la lumière de la lampe à huile. Le jeune garçon pouvait presque voir la moindre veine. Mais ce furent ses yeux qui le marquèrent. Il avait les yeux de la même couleur que son animal domestique, sauf que lui avait des pupilles grosses comme des têtes d'épingles et un blanc laiteux. Ces détails les rendaient encore plus effrayant, car le vert en paraissait presque fluorescent.
-C'est une réaction normale. Le venin qui fait effet dans tes veines perturbe sans doute déjà ton corps. Tu vas subir quelques modifications, mais rien de vraiment visible. Plus d'agressivité et de force, moins de gentillesse...
Asdark vit rouge, sans spécialement que la pellicule de sang qu'il avait sur l'œil n'eut un rapport.
-Quoi?! Que m'avez-vous fait?
Le maître des lieux le regarda, presque offusqué.
-Moi?! dit-il en se redressant de toute sa hauteur. Est-ce moi qui m'introduit dans les demeures de gens respectables? Est-ce moi qui parie pouvoir tenir toute une nuit? Est-ce moi qui attaque les animaux domestiques dressés à chasser les indésirables et autres nuisibles?
Face à la voix puissante de son interlocuteur, l'intrus se calma instantanément.

-Je ne peux te soigner. Ce sont des choses que tu garderas pour toute ta vie, et elle risque d'être courte, si tu n'apprends pas à te maîtriser, lui apprit Walter Pürgis après quelques minutes passées à ôter les échardes.
-J'aurai ma vengeance sur ce vantard de Noctem. Ne vous en mêlez pas!
Le vieillard le regarda en souriant.
-Je ne peux plus me mêler des affaires des hommes depuis bien longtemps, et certainement pas après que se soit levé le jour. Mes expériences ont fait de moi un être de la nuit, et je m'entoure d'elles.
Il dévoila alors un pan de mur caché par un rideau, sur lequel s'étalaient des dizaines de cages renfermant des animaux tous plus étrange les uns que les autres. Un singe-ailé secouait les barreaux de sa cage, une chèvre donnait des coups de cornes pendant que sa queue, un serpent rouge et noir, sifflait. Seul le loup-hyène n'avait pas de cadenas à sa porte. Asdark sentit une fureur sourde s'emparer de lui et fit un pas menaçant vers la cage de la bête qui se mit à grogner.
-Stop, pas un geste. Apprends à te maîtriser. Sinon, tu finiras dans une de ces cages, je te le promets. Et les légendes s'accentueront sur mon compte.
L'adolescent se retourna vers celui qui lui parlait, montrant les dents.
-Tu es peut-être plus animal que je ne le pensais.
Avec une force étonnante pour son âge, l'homme lui tordit le poignet, le forçant à s'agenouiller.
-Maintenant, tu vas bien m'écouter.
Sa voix semblait un chœur et tout un orchestre.
-Tu vas garder ton calme, je vais t'apprendre les effets du venin sur ton organisme.
Asdark se détendit doucement sous l'effet de l'hypnose. Le vieillard relâcha un peu sa prise.
-Puis tu remonteras là-haut, mais plus jamais tu ne vivras parmi les hommes.
Complètement dans les vapes, son patient sourit niaisement.

***
Vers six heure du matin, Noctem Aternae prit la vieille clef de la maison et monta à la colline. Même dans la fin de la nuit, cet endroit lui donnait la chaire de poule. Il prit le temps de reprendre son souffle.
-De toutes façons, cet imbécile peut bien patienter encore un temps, ricana-t-il intérieurement.
-Hé, hé!
Jacquot Länn-Tehrn, le meilleur ami du prisonnier, grimpait la côte lui aussi.
-Attends. Je tenais à féliciter Asdark, et à assister à ta déconfiture, lança-t-il en bravade.
L'autre ne répondit rien et tourna la clef.
-C'est bon, tu peux sortir.
Il n'y eut aucune réponse. Pas un bruit. Toute la maison était silencieuse. À l'ouest, le soleil commençait à percer l'horizon.
-Tsss, ce trouillard doit se terrer à l'intérieur. Il doit s'être endormi aux premières lueurs du jour, la peur au ventre, marmonna Noctem.
-Va le chercher, alors, lui répliqua Jacquot. Puisque tu es si malin.
L'autre pâlit, et le fusilla du regard.
-Pas question que j'entre là-dedans.
-Alors, tu as peur? Le grand Noctem Aternae craindrait une maison vide.
Un grincement se fit entendre à l'intérieur. Les deux s'arrêtèrent et regardèrent le cadre de la porte.
-Pas du tout. Mais si tu te crois malin, va donc rejoindre ton petit copain.
Un autre craquement résonna lugubrement. Tous deux se regardèrent et, sans vraiment se concerter, avancèrent tous deux d'un pas dans la baraque ruinée.
-Asdark, tu es là?
-Hé Asnight! C'est bon, tu as gagné.
-Allez sors, vieux!
-À moins que tu aies peur de montrer que tes culottes sont mouillées.
Ils arrivèrent dans le salon. Une forme accroupie sur le canapé se balançait d'avant en arrière.
-Merde, soufflèrent les deux autres.
Un rire grinçant s'éleva de la silhouette. Puis, sans prévenir, sans qu'ils puissent comprendre comment ça avait bougé, le corps leur sauta dessus dans une cabriole scabreuse. Ils hurlèrent. Le premier à tomber fut Noctem.
L'agresseur se mit alors à parler. Et ses victimes reconnurent la voix de leur compagnon.
-Toi qui ne cherche que le regard des autres, tu n'en auras aucun. Même pas le tien.
Jacquot fut propulsé par un coup de bras. Il s'abattit contre un mur, puis entendit Aternae crier. Il vit l'obscurité se rassembler, et former un genre de tourbillon dont la pointe rejoignait ses yeux. La lumière prenant la place laissée vide lui montra Asdark Asnight debout, jambes écartée, au dessus, manipulant l'ombre et l'enfonçant de force dans les orbites de sa victime, remplissant ses yeux de nuit.
Spectateur impuissant, Länn-Tehrn se redressa, terrorisé par ce qu'il venait de voir, et prit ses jambes à son cou au moment où l'autre abandonnait sa proie, et se lançait à sa poursuite. Asdark le rattrapa à l'extérieur, et le fit tomber en tirant sur son col.
-Toi qui craignait de perdre la tête, ne t'en fais pas. Je t'en donnerai une autre, mon vieil ami.
Jacquot vit alors son meilleur copain attraper une citrouille, et d'un coup d'ongle, y tailler un sourire sadique et deux yeux vide. Puis il ne vit plus rien.
Mais tout le village put voir des plantes devenir folles, et deux jeunes garçons se battant. Celui qui, à la fin du combat était debout s'évapora avec les derniers lambeaux de nuits. Lorsque les villageois montèrent, ils trouvèrent un jeune homme pleurant, avec à la place de la tête, une énorme citrouille.
-Il a dit qu'il hanterait nos nuits, sanglotait-il, terrorisé. Que nous partagerions sa vie, dans la nuit, à rechercher la lumière. Il a dit que nous devrions apprendre à craindre mieux les légendes, car aucune n'arrivera à sa cheville à lui.
Les hommes qui avaient vu ça baissèrent les yeux, et descendirent la pente herbeuse, abandonnant Jacquot à ses citrouilles et son désespoir.

Dans la journée, hommes, femmes, enfants, tous les êtres vivant quittèrent Ween's Hollow. Seuls restèrent le garçon à la tête de citrouille, qui cherchait désespérément la sienne dans les cucurbitacées qu'il se mit à cultiver et le vieux Walter Pürgis, expérimentant la vie sous toutes ses impossibilités dans une cave voûtée et sombre, enfin en paix.
De Noctem Aternae, personne ne sut ce qu'il advint. Toutefois, il existe une jeune fille tombée éperdument amoureuse d'un « homme aux yeux de nuit ». Mais elle vous la racontera elle-même si l'envie lui en prend, car c'est une autre histoire. Ici s'achève celle de la menace sombre et floue du croquemitaine.

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Dernière édition par Kant le Mar 24 Aoû - 10:30, édité 1 fois
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Scorpion Cheval
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MessageSujet: Re: Contes des Mausolées   Mar 24 Aoû - 1:44

Et bien puisque c'est demandé si gentiment, et malgré mon manque de compétence dans le domaine littéraire, critiquons.

Dans la première intervention du maître, tu utilises deux fois le terme "cours" sur une seule ligne, quasiment coup sur coup. Je ne trouve pas le mot pour ça, alors je vais dire que c'est un peu lourd. Peut-être remplacer le "cours" de Asdark par des "notes".
Dans la seconde intervention du professeur, il tient un discours autrement plus complexe, qui n'est pas forcément bien rendu par cet unique trait. Je le trouve un peu plat, ça manque de vie. Il y a bien un passage qui compense, "Asdark, reprit le professeur radoucit", mais celui-ci pose un autre problème, les passage soudain et unique dans ce passage en style indirect. C'est un peu bizarre. Le refaire en deux traits en précisant entre eux l''attitude et les gestes du maître?

A la sortie de classe, on retrouve le héros entourés de son groupe d'amis, rejoint rapidement par des admirateurs. Pourquoi le "mais qui fut rapidement..."? Je trouve qu'il fait un peu tache, il n'y a pas d'opposition entre les deux propositions, il a beaucoup moins de sens que le "mais" qui suit juste après, par exemple.
De nouveau utilisation de style indirect quand Noctem pouffe. Ce n'est que mon avis mais ça me semble plus correct de rester dans le même style tout du long. Pourquoi ne pas le faire pouffer sans la moindre parole à ajouter? Pour éviter de paraître plus lourd que je ne le suis, je ne relèverai plus ce point-ci dans les autres dialogues.

On passe directement à la montée des marches, ou plutôt à sa suite. Il me semble plus logique qu'il détache le tringle du mur, plutôt que de le défaire.

Encore plus loin, au moment du réveil face à Herr Pürgis, celui-ci lui explique que "c'est une réaction normal". Dommage, une petite distraction sans doute.

Et pour finir sur une note positive, j'ai beaucoup aimé l'intégralité du récit. Ce que j'ai relevé ne tient que du détail et ne gâte rien ou presque. J'ai particulièrement aimé l'intro et la conlusion, toutes deux claires et efficaces. Et j'ai comme qui dirait eu l'image qui accompagnait la transition intro - corps du récit. Le récit en lui-même ne manque de rien (sauf peut-être d'une demoiselle en détresse, ça marche pas mal dans tous les genres ça. fin de déblatération de conneries).

Voilà pour l'avis du pauvre profane que je suis. J'espère que ça t'aura été un tant soit peu bénéfique.

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MessageSujet: Re: Contes des Mausolées   Mar 24 Aoû - 10:30

Merci! J'ai tenu compte de tes modifications, car c'est vrai que malgré ton humilité, tu n'as pas l'air si profane que cela. Et donc j'ai recorrigé le texte.

Par contre, quand tu parles de l'utilisation du style indirect dans les dialogues, je dois t'avouer ne pas vraiment comprendre 1) ce dont tu parles 2) comment je peux améliorer cela...

Je rebalance la correction ci-dessus, en édition.
Merci Smile

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Scorpion Cheval
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MessageSujet: Re: Contes des Mausolées   Mer 25 Aoû - 21:34

Désolé pour le manque de clarté. Avec du recul, je crois que ce point n'aurait pu être clair que pour moi, mais il était tard et je fatiguais un peu. De plus ce même recul me dit que le terme utilisé ne désigne pas exactement ce à quoi je pensais. Donc allons-y autrement.

Ce qui me dérangeait un peu, c'est que dans tes dialogues, on retrouvait de simple traits

"-Asdark ! Voulez vous bien cesser de dormir sur vos notes. Mon cours vous ennuie-t-il à ce point ?"

Et d'autres avec une différence certes légère mais présente

"-Asdark, reprit le vieux professeur radouci, savez-vous que la nuit est le repaire du démon? Vous ne devriez pas l’explorer, cela peut-être dangereux."
"Asdark répliqua :
-Je suis. Et pour que personne ne mette mon exploit en doute, tu m’y enfermeras toi-même à la nuit tombée, et ne viendras m’ouvrir qu’aux aurores le lendemain."

La différence est le fait que dans l'un des deux l'intervention est introduite par un "dit-il", "il répliqua:", "il ...:", et que dans l'autre il n'y que l'intervention elle-même.
Il y a un intérêt dans les deux, et même dans leur mélange, mais pas toujours. Et comme je risque de me perdre moi-même dans mon raisonnement, je vais les revoir au cas par cas.

Une première fois dans le dialogue maître-élève. Au moment du radoucissement de celui-ci on a un "reprit le ..." absent des autres interventions. J'ai l'impression que quand tu ajoutes cela on perd, comment dire, un peu de la vie et de la spontanéité du dialogue. J'aurais compris s'il y avait pu avoir confusion quand à l'intervenant. cela dit il ne peut faire aucun doute que c'est le maître dans ce cas-ci. Ca aide un peu pour indiquer son changement d'humeur, mais ça peut se faire autrement.

Une seconde fois, c'est l'histoire du "mmph, pouffa Noctem". Là c'est en fait le "mmph" dont j'ai peine à voir l'intérêt. Si encore il prononçait quelque chose dans son pouffement. Peut-être qu'un simple "Noctem pouffa, dédaigneux" suffirait alors.

Le cas suivant est la reprise du dialogue entre ces deux protagonistes. Là j'ai rien à dire, le "... répliqua, permet de revenir sur ledit dialogue, et a donc sa place. Par contre le "dit-il" de la dernière prise de parole de Noctem n'apporte rien, sinon cette perte que j'ai déjà plus haut. Il peut s'éliminer sans nuire au récit.

Pour ce qui est de la discussion avec Pürgis, ça me choque moins. Peut-être parce qu'un manque de vie correspond assez à ce personnage, finalement.
Pareil pour les cas semblables dans la dernière scène, chacun des introducteurs apporte quelque chose à l'ambiance.

Et voilà, ça me paraît plus clair comme ça. Peut-être pas plus fondé, mais ça je laisse à l'auteur le soin d'en juger
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