La compagnie du vent hurleur

..
 
AccueilPortailCalendrierGalerieFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Histoire d'un soir, magie du noir

Aller en bas 
AuteurMessage
Kant

avatar

Poissons Chèvre
Messages : 335
Date d'inscription : 02/01/2010
Age : 27
Humeur : manifestant et contestataire

MessageSujet: Histoire d'un soir, magie du noir   Mar 5 Jan - 14:24

Je l'ai connue que j'avais environ neuf ans. Je suis Lui, et elle est Elle. À cet âge là, il n'y a pas encore grand chose de vraiment vrai. C'est le sœur d'une amie, deux ans plus jeune qu'elle, et la sœur de la meilleure amie de ma sœur, deux ans plus vieille. Elle avait sept ans, et ressemblait plutôt à un garçon. Le courant n'est pas passé tout de suite très bien, mais à force de se voir lorsqu'on conduisait une des petites sœurs chez l'un ou l'autre, nous avons appris à nous apprécier, et assez vite, je m'entendais mieux avec elle qu'avec celle de mon âge.
Selon sa mère, il y a toujours eu quelque chose de « spécial » entre nous. C'est vrai que je l'ai toujours considérée comme plus qu'une amie, plus qu'une sœur aussi : j'avais toujours envie de la protéger, de la prendre dans mes bras, de la réconforter quand elle était triste, ... Mais il n'y a jamais rien eu d'autre.
L'amitié naissante et l'habitude de nous voir souvent ne nous demandait pas plus de rencontre que celles de nos sœurs lorsqu'elles voulaient se voir. Nous parlions, passions du temps ensemble, jusqu'à ce que nos mères s'en aillent de chez celle de l'autre, laissant la petite là. Mais le jour où elle est partie, tout a changé. Elle est partie loin, enfin, trop loin pour moi, qui voulait toujours la revoir. Et l'envie était réciproque. Une des fois où nos sœurs ont voulu se revoir, chez moi cette fois, elle a demandé à ce que je revienne avec elle, ainsi l'Échange est né : nous échangions de maison une sœur contre un de nous.
L'Échange a eu lieu de multiple fois. Que j'ai douze, treize ou quatorze ans, je me sentais toujours aussi « enfant » quand je la voyais, et elle se sentait autant « adulte ». Nous nous sentions complété par l'autre, et c'était un sentiment puissant. Nous étions habitués l'un à l'autre, et chacun de nous était en couple. Nous dormions ensemble, dans le même lit souvent, sans la moindre gêne. Mais à l'aube de mes quinze ans, nous avons changé. Elle venait d'en avoir treize, et pour une fois, nous n'avons pas fait l'Échange. Nous nous sommes retrouvés tous les quatre chez elle.
Il faut savoir que sa mère avait été bohémienne, avait de se poser et de trouver une vie plus confortables pour ses enfants. Ce détail, pour moi, a son importance. Elle lisait les lignes, tirait les cartes, feuilletait les marcs de cafés ou de thé. En soirée, disait-elle, cela mettait de l'animation. Toujours est-il que ce soir là, elle avait décrété que tous les quatre, nous dormirions dans la même chambre.
Nous avons passé toute la soirée à quatre, à faire des jeux idiots dans le goût du cache-cache, ou à regarder des vieux James Bond et autres films d'actions. Lorsque vers une heure du matin, nous sommes montés coucher, nous avons décidé de laisser le grand lit pour les plus jeunes, et nous, les aînés, avons pris un matelas et nous sommes couché à terre.
Rapidement, les petites se sont endormies, et au bout d'un moment, j'ai lâché sans y penser :
« -Lüna, tu dors? »
« -Non, mais parle moins fort, tu vas les réveiller ».
J'ai essayé de chuchoter, mais elle ne m'entendait pas très bien, et m'a donc invité à me rapprocher. Dans le noir, tâtonnant pour trouver son visage, mes mains ont d'abord trouvé les siennes et elles se sont étreintes d'une manière nouvelle. Puis, remontant le long des bras, des épaules, nous avons trouvés nos visages. Nous avions tous les deux nos mains sur le visage et le cou de l'autre, et instinctivement, nous nous sommes rapprochés. Ce fut un mouvement uniforme qui poussa nos lèvres à se rencontrer. Entre deux baisers, nous riions timidement, comme deux adolescents que nous étions.
Petit à petit, et sans que nous le commandions vraiment, nos corps se sont rapprochés dans la pénombre. Tout doucement, en même temps que nous découvrions le goût de l'autre, nos corps se rencontraient pour la première fois. Et comme nos têtes et nos mains auparavant, ils ont tâtonné, se sont étreint d'une manière inconnue pour nous, puis se sont embrassés.

Pourquoi ce soir là, alors que nous en avions déjà eu si souvent l'occasion? Je ne saurai jamais le dire, mais je continuerai à remercier la « Magie du Noir », que tous les enfants craignent...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Histoire d'un soir, magie du noir
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» L'histoire vraie de Mongros, le chat noir.
» SOIR D'ORAGE .......histoire d'amour -
» Magie Noire (Black Magic)
» et si ce soir je te...
» Rituel du soir

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La compagnie du vent hurleur :: Divers :: Vos créations-
Sauter vers: