La compagnie du vent hurleur

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 Peter Pan (parenthèse pour atteindre les 10 caractères)

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Kant

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Poissons Chèvre
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MessageSujet: Peter Pan (parenthèse pour atteindre les 10 caractères)   Jeu 25 Fév - 18:43

Sachez, avant de lire le texte qui suit, que c'est une de mes créations. Je l'ai écrit de A à Z, pour le personnage d'un curé, dans le cadre du concours de rhétorique de ma 6ème. Je ne cacherai pas que j'ai eu quelques bons retours. Mais je ne le présente pas ici comme avant tout ma création, mais plutôt comme un sujet de discussion, qui, s'il a une part philosophie, touche à la psycho, la sociologie, et simplement qui nous touche un peu tous, en étant plus concret que les sujets de philo.
Mais si, Yubu, tu veux le déplacer, n'hésite surtout pas.
Le texte a du s'adapter au personnage : un père catholique Laughing Je vous prie donc d'ignorer les références à Dieu, les passages chrétiens, en ce sens où ils n'apportent rien, ou presque, au texte.

Citation :

Mes biens chers frères, mes biens chères soeurs,
Nous sommes réunis aujourd’hui pour dire un dernier mot à celui que Dieu rappelle à lui.
Alors : jeune garçon te sentant éternel, nous te disons adieu!
Toi qui apportait le rêve, tu n’as au fond jamais vécu. La plus grande des aventures, celle de vivre, de grandir, puis un jour, prendre de l’âge et mourir, tu es passé à côté. Obsédé par ton désir de toujours t’amuser, obnubilé par ta peur de vieillir, tu as oublié que vivre, c’est grandir, et que c’est en grandissant qu’on apprend à aimer et à être aimer.
Enfant, immortel? Tu as vécu toutes les aventures dont un enfant puisse rêver, tu as survécu à Crochet et ses pirates, le vieillissement t’étais inconnu. Mais Peter, une chose t’a été fatale, que personne ne pouvait prévoir : l’isolement.
Une question me vient: toi qui vivais pour t’amuser, si tu étais seul, comment le vivais-tu?
C’est dans ton aventure avec Wendy que j’ai trouvé la réponse : en fait, tu n’en avais pas conscience et en perdais le souvenir. Tu vivais reclus dans ta bulle, centré sur toi-même comme tout les enfants, et dans l’imaginaire, non dans la mémoire. Tu finissais par perdre la notion de réalité et oubliais les autres petit à petit, s’ils ne se rappelaient pas à toi. Tu les abandonnais, cherchant de nouveaux compagnons de jeu.
Alors pourquoi en es-tu mort? Et comment cela t’a-t-il touché?
Je pense simplement que si dans ta relation à toi-même, tu ne pouvais en prendre la mesure, une fois que tu tentais de t’ouvrir un peu vers les autres, comme Dieu nous y invites tous, tu le ressentait.
Tu prenais, comme tout les enfants, sans donner en retour. Lorsque tu « t’ouvrais », tu ne faisais qu’ouvrir tes portes d’entrées, pour accepter, voir aspirer, ce que les autres pouvaient te donner. Mais ce sens unique peut sembler cruel, aux yeux de ceux qui se sont ouverts à toi, quand, comme Wendy, ils en prennent conscience. Tu ne vis que grâce aux autres. Et pourtant, tu n’hésite pas à les chasser voir parfois les tuer s’ils ne respectent pas tes règles, pour prouver que « tu n’as besoin de rien ni personne » , dis tu.
Mais pourtant, en refusant de vieillir, tu n’échappes pas seulement à la mort, mais aussi aux responsabilités. Tu ne t’engages pas, et les autres prennent les choix majeurs pour toi. La preuve : lorsque les Garçons Perdus décidèrent de repartir avec les jeunes Darling, ils vinrent te demander ton avis. Et qu’as-tu répondu? « Comme vous voulez ». ... "Comme vous voulez" !!! Tu leur délègue le choix, sans t’en mêler ni donner ton avis. Tu vis par substitution, au travers de ceux qui s’occupent de toi, qui gravitent autour de ton centre narcissique.
Voici justement ta première blessure qui ne s’est jamais refermée: tu avais conscience d’être différent, et tu le ressentais à travers le regard des autres, de tous! Tu en garde un souvenir dans ton inconscient, et chaque fois qu’on « t’abandonne », il ressurgit. Durant quelques instants, lorsque la fin de l’aventure arrive, tu es lucide. La preuve, tu tentes de convaincre Wendy, John et Michaël de rester, allant jusqu’à leur mentir, car tu sais que tu vas te retrouver SEUL! Mais tu ne le leur demande pas, tu veux les plier à ta volonté.
Et c’est cette plaie condamnée à rester béante qui a ouvert tes portes à la mortalité.
Mais justement, en parlant de Wendy, pourquoi voulait-elle partir, alors qu’elle t’aimait, alors qu’elle s’amusait? La relation qu’elle avait avec toi était-elle touchée par ton état?
Oui évidemment! Car si au premier abord, nous t’admirons, t’envions, lorsque nous prenons la mesure de ta personnalité, on te craint, on s’éloigne : on grandit. On te rejette car on ne sait jamais comment tu vas réagir, une fois tu es dans le camp des indiens, une fois dans celui des Enfants Perdus. Tu es inconstant, et ne suis que tes propres envies, sans te soucier des autres.
Et puis, à force de « vampiriser » les autres, de prendre ce qu’ils te donnent et plus encore, ils finissent par ne plus avoir à donner. Ils repartent.
Tous, nous avons fini par prendre conscience de celui que tu étais.
Mais qui étais-tu, Peter Pan?
Certes, tu incarnais le rêve, et comme tu le disais si bien, tu étais « la joie, la jeunesse, l’oisillon qui sort de l’oeuf ». Mais la vie n’est pas faite que de ça! Elle se compose, comme une musique, comme les aventures que tu aimais tant, de haut et de bas, de victoires et d’échecs.
Et c’est cela, la magie d’être mortel! Chaque moment est unique et donc précieux!
Nous ne pouvons revenir en arrière, mais pouvons avec notre mémoire du passé, éviter de nous répéter dans le futur.
Tout à un début, un milieu et une fin. S’il manque un de ces trois éléments, la vie est incomplète, et perd sa magie. D’ailleurs, la fin de la vie, la mort, nous la rend précieuse. Nous savons que certaines expériences ne pourront être répétées, alors nous ne passons pas à côté, nous les gardons en mémoire précieusement.
Si nous ne mourrions pas, alors quelle serait notre raison de vivre?
Tous un jour, nous avons pensé à toi, et beaucoup rêvaient d’être à ta place. Mais le lendemain, nous croisions nos amis, qui nous suivaient sur le chemin vers le monde, et nous t’oubliions, à notre manière.
Et aujourd’hui, tous ici présent, nous te saluons une dernière fois avant de partir vers nos vies d‘hommes et de femmes. Rassures toi: tu resteras pour nous un souvenir : celui de notre enfance, l’innocente mais ignorante. La vague réminiscence de la jeunesse sans soucis, mais aussi sans Amour.
Tu as fini seul, car plus personne n’avait à te donner. Tu as finis par mourir, car personne n’assurait ta subsistance. Ainsi périt Peter Pan!
Amen.

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Yubu
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Lion Chèvre
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MessageSujet: Re: Peter Pan (parenthèse pour atteindre les 10 caractères)   Sam 27 Fév - 10:43

Une chose adire : superbe XD

Ensuite ^_^

Il est vrai que les hommes louent souvent leur jeunesse désirant y revenir, je n'y fait pas exeption que je crois qu'on y souffre moins, mais peut-être pas, d'un coté je n'ai pas dee souvenirs complets de cette étape de ma vie. Mais si l'Homme voudrait rester enfin, pour quelle raison? L'homme est un être qui se projette toujours que ce soit dans le futur ou dans le passé. 'ah si j'avais su j'aurais', 'ah quand j'aurais ça je pourrais'. Quand on est enfant on veut devenir grands pour avoir plus de droits (choisir, écouter les conversations) et aussi pour comprendre peut-être (tu comprendra quand tu sera plus grand ^^). Quand on grandit on veut redevenir enfant car on avait pas de responsabilités et on ne comprennait, ce qu'on voulait le plus se retrouve face a nous comme un ennemi. ET cette volonté de retour en arrière nous poursuivra ,plus tard on voudra a nouveau avoir 18 ans, etc. Mais quand j'y réflechi bien, a quoi bon? Pourquoi passer une vie entière sur des espoirs ou des regrets? Merci, ton sujet m'a ouvert les yeux car je n'ai pas écrit en sachant a quoi ressemblerait mon post. Mais maintenant je sais qu'il est idiot de regreter son enfance comme d'aspirer a la viellesse. J'ai 18 ans, un age aadmiré par beaucoup, je n'ai plus 14 ans, oui, et je n'en ai pas encore 26, oui, et puis? Tout age est bon pour tout, même si il a un lot plus grand de souvenirs et souvent de douleurs. J'ai 18 ans et je peux tout faire, presque. Je peux apprendre, je peux être heureuse. Alors maintenant c'est décidé plus jamais je ne dirais 'j'aurais voulu rester un enfant' car ces paroles sont sans sens et ne font que créé des regrets qui ne pourront pas partir.

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Poissons Chèvre
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MessageSujet: Re: Peter Pan (parenthèse pour atteindre les 10 caractères)   Jeu 11 Aoû - 17:33

Et si Crochet écrivait à Peter Pan?
Nous nous situons avant l'histoire de Barry. Mais pas tant que cela...
Bonne lecture...

Citation :
Très cher Peter,

Si tu savais l'état obscur dans lequel tu me plonges. Dans l'eau glacée des tourments où tu enchevêtres mon âme, j'essaye de trouver une échappatoire.
Mon moignon me démange et m'irrite en repensant à ce que tu m'as fait, et pourtant, je ne suis pas animé par un esprit de vengeance. Ce ne serait pas vraiment de bonne et due forme.
Si seulement tu pouvais comprendre. Tu ne sais ni qui tu es, ni ce que tu as. Cette insouciance qui est ta force m'use. Ce côté nonchalant m'agace, plus que tout te profonde indifférence me tue. Tu ne prends que ce que tu veux, tu ne tiens compte que de ta petite personne. À croire que même ceux que tu traites parfois comme des amis, qui te considèrent et donneraient parfois leur vie pour toi, n'existent au fond que pour te mettre en valeur.

Il me faut te l'avouer, même si cela écrase finalement toute mes convictions, je t'envie Peter. Tu as ce que tu veux : tu es entouré de gens qui t'aiment, tu as cette jeunesse qui te donne une force d'inertie phénoménale, tu as du charme contre lequel personne n'a de défense sinon la haine. Et même moi, parfois, je suis déstabilisé par ton enthousiasme ingénu.
Oui, j'avoue le savoir, de nous deux, tu es le meilleur. Tu as plus d'avenir, plus de potentiel et je crois que tu pourrais non sans difficulté aller plus loin que je n'irai jamais. Et voir que cela te semble normal, presque dû, et te laisse indifférent, c'est une pointe qui vexe mon coeur vieillissant.
Sans avoir besoin d'y penser plus avant, je sais déjà que si nos routes se croisent comme nous le voulons tout deux, c'est moi qui chuterai, ce sera ta victoire. Mais je sens en moi l'envie d'en finir, de savoir si j'ai raison. Car au fond, toi et moi ne sommes rien sans l'autre. Je sais que tu me tueras, et j'espère juste que tu le feras dans les formes.
Mais le temps qu'il me reste me sera profitable. Je l'utiliserai à vérifier cette ultime question : Peter Pan peut-il aimer? Dans ton égocentrisme et ton irrépressible recherche de liberté, qui peux-tu aimer d'autre que toi-même?
En cela, ta dernière conquête, Wendy, dont les Garçons Perdus parlent, m'aidera sans doute plus que je ne peux l'espérer.
Salutations cordiales de bonnes et dues formes,
Ton patient ennemi,
Capitaine James T. Crochet

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